samedi 8 juin 2013

Le parc du Futuroscope

Au début des années 1980, René Monory alors président du conseil général de la Vienne, imagine une "Cité du Futur" pour sortir ce territoire enclavé de l'ouest de la France, et le sauver de la désertification rurale. Idée folle, projet surréaliste, "L’Observatoire du Futur", tel qu'il est baptisé à l'origine, n'a le soutien que d'une poignée de personnes.

Le 24 octobre 1983, le conseil général de Vienne renomme le projet Futuroscope, et le site choisi pour ce parc se situe en pleine campagne, entre les communes de Chasseneuil-du-Poitou et Jaunay-Clan, à 8 kilomètres au nord de Poitiers. L’architecture des premiers bâtiments se veut audacieuse. Un concours est lancé, et c’est Denis Laming qui est choisi pour dessiner les futurs édifices.

Les créateurs souhaitent faire de ce parc une vitrine des nouvelles technologies. Ils vont alors parcourir le monde à la recherche des dernières nouveautés, et ainsi voir comme les utiliser au mieux. Face à la multitude de technologies rencontrées, ils décident de se concentrer sur les technologies de l’image.

Le premier pavillon à sortir de terre en 1985 est le pavillon du Cinéma, plus communément appelé Kinemax.

Le parc est inauguré le 31 mai 1987 par le premier ministre de l’époque, Jacques Chirac. La première année, le parc est ouvert trois mois, et présente deux attractions : le pavillon du Futuroscope et le Kinémax. A côté de ces deux bâtiments se trouvent une zone ludique et deux restaurants.

Autour de parc commence à se former la technopole du Futuroscope. Le site est alors organisé autour des termes ‘’Travail, Loisir, Formation’’. Les 225 000 visiteurs de la première finissent de convaincre les derniers sceptiques. Le parc est alors qualifié de ‘’Parc Européen de l’Image’’. L’activité est centrée sur les technologies du cinéma, et de nouveaux pavillons ouvrent comme le Cinéma Dynamique, Le Pavillon de la Communication.

Le premier palais des congrès est ouvert au sein du parc. Il est aujourd’hui totalement intégré et accueille les spectacles de magie ‘’Illusions Magiques’’.

En 1990 l’ouverture de la Gyrotour et de l’Omnimax donnent un nouveau visage au parc. Désormais, les visiteurs peuvent admirer l’ensemble des structures et le nord de Poitiers depuis une nacelle circulaire située à 45 mètres de hauteur.

En 1991 le parc accueille son millionième visiteur.

En 1992, construction du Tapis Magique. Cette salle unique au monde immerge le visiteur dans le film en lui donnant l’impression de voler. Le film est projeté en face de lui et sous ses pieds, sur deux écrans différents.

C’est alors le début d’une importante période de prospérité pour le parc et accueille deux millions de visiteurs en 1993, puis près de 3 millions en 1997 ; le parc a alors dix ans. Le soir, les visiteurs peuvent admirer le nouveau spectacle nocturne, ‘’le Lac aux Images’’.

En 2000, le parc est racheté par le groupe Amaury. C’est le début du déclin. Ce groupe dont l’activité principale est la presse, n’arrive pas à gérer le Futuroscope. Bien que le Tour de France en parte en 2000, l’image du parc est vieillissante. La construction d’une nouvelle attraction, ‘’le Défi d’Atlantis’’, va tenter de faire remonter la fréquentation qui est descendue à 2,3 millions de visiteurs.

Rien n’y fait, le parc passe tout près de la faillite en 2002. Le Groupe Amaury jette l’éponge et le département de la Vienne, par le biais d’une société d’économie mixte, reprend la main. C’est Dominique Hummel qui prend la direction de cette nouvelle structure.

Afin de faire revenir les visiteurs, des attractions sont renouvelées, et les prix sont redéfinis.
De nouvelles attractions toutes plus innovantes les unes que les autres vont alors voir le jour. ‘’Star du Futur’’ permet aux visiteurs de passer un casting et d’être intégrés dans des films. ‘’Danse avec les Robots’’ invite les visiteurs à embarquer dans des nacelles et danser au rythme de différentes musiques. Le succès est au rendez-vous, et les bénéfices aussi. Même si la fréquentation n’atteint pas les sommets de 1997, le parc renoue avec des résultats financiers positifs.

Durant ses vingt-cinq premières années d’existence, le parc aura permis de faire découvrir au public des technologies innovantes, comme le cinéma en relief, le cinéma dynamique, et plus récemment la réalité augmentée.

En 2011, le capital du parc s’est ouvert afin d’intégrer la Compagnie des Alpes. Afin de ne pas refaire les erreurs de l’ère Amaury, le département de la Vienne a souhaité conserver une minorité de blocage, et confier la majorité à une société spécialisée dans le domaine des loisirs. La Compagnie des Alpes est en effet déjà propriétaire du Parc Astérix, des parcs Walibi, du musée Grévin et d’un important nombre de stations de sports d’hiver des Alpes.

Autour du parc, la technopole s’est développée afin de devenir le premier foyer d’emploi de la région Poitou-Charentes. Y sont implantées de grosses structures comme l’Ecole Nationale Supérieure de Mécanique et d’Aérotechnique, le CNED, le lycée Pilote Innovant, le World Trade Center de Poitiers-Futuroscope et prochainement le centre européen de formation du groupe de communication chinois ZTE.

Le Futuroscope est aujourd’hui un parc de renommée mondiale (Arthur l’Aventure 4D a reçu le prix de la meilleure attraction au monde en 2011). Il a accueilli depuis son ouverture plus de 40 millions de personnes, essentiellement venues de France et d’Europe.

De grands noms se sont associés au succès de ce parc. Luc Besson, Jean-Jacques Annaud, Yves Pépin, Kamel Ouali, Maud Fontenoy, Arthur Jugnot ou Jacques Perrin ont ainsi apporté leurs expériences pour la création d’attractions uniques (bientôt Martin Solveig), mais aussi à Mathilde Seigner, Jamy Gourmaud, Claude Piéplu ou encore Lorant Deutsch pour avoir portés leurs visages ou leurs voix dans les différents films.

Selon les visiteurs, c’est le parc français leur donnant la plus grande satisfaction (97% des visiteurs sont satisfaits).

Le principe 10/20/60 adoptée par le parc est bénéfique. Il s’agit de consacrer chaque année 10% du chiffre d’affaires pour renouveler 20% des attractions et ainsi faire revenir 60% de visiteurs. Le parc a accueilli 1,8 millions de visiteurs en 2011.

Aujourd’hui, grâce au Futuroscope, le département de la Vienne est l’un des départements les plus touristiques de France. Les retombées du parc de l’image dépassent largement le territoire de la région de Poitiers puisque les parcs construits dans d’autres endroits du département en profitent (La Vallée des Singes, l’Île aux Serpents, la Planète aux Crocodiles, les Géants du Ciel …). La Vienne est devenue une destination touristique à part entière, faisant travailler 8 000 personnes. Preuve de cette dynamique, la société Pierre & Vacances a annoncé l’ouverture pour 2015, du sixième Center Parcs de France. Le Futuroscope devrait y être présent avec une attraction…

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